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 Ketih Hargreaves [En construction]

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Ketih Hargreaves
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MessageSujet: Ketih Hargreaves [En construction]   Ven 20 Juil - 22:08

Nom : Hargreaves

Prénom : Ketih

Âge : 25 ans

Sexe : Féminin

La description :
Ketih est une belle jeune femme d'1m74 possédant une longue chevelure d'un rouge flamboyant. Ses mèches ayant une nette tendance à se rebeller, elle les attache généralement en une demi-queue de cheval pour ne pas (trop) les avoir dans les yeux car cela la gêne pour voir. Ses yeux de couleur dorée sont précédés d'une paire de lunettes dont la monture est apparente sur la partie basse (même si elle met parfois des lentilles). Elle a d'ailleurs de ce fait le tic propre aux porteurs de lunettes : redresser les lunettes qui glissent du nez. De par leur coloris inhabituel, les yeux de Ketih ont suscité et suscitent toujours des réactions très diverses allant des insultes à l'admiration. Ses vêtements sont plutôt aguicheurs, mettant ainsi les formes (très) généreuses de la jeune femme en avant. Elle affectionne particulièrement le port d'une longue veste rouge qui descend jusqu'à ses chevilles. Elle la porte fermée de manière quasi systématique du col jusqu'à mi-cuisse, avec généralement aucun autre vêtement en dessous, dévoilant ainsi ses jambes finement musclées qu'accompagnent à l'occasion des rangers d'une sobre couleur noire. Elle possède également plusieurs tatouages : un dans le dos représentant un dragon bleu indigo, un sur le bas du ventre reproduisant un camélia éclos et enfin un sur la cheville droite avec un motif tribal noir. Elle porte quasiment toujours des bagues au majeur droit ainsi qu'à l'annulaire droit, toutes deux en argent.

Le caractère :
Ketih est d'un tempérament plutôt jovial, et elle apprécie les plaisirs de ce monde. Son métabolisme étant des plus favorables, les excès en tous genres qu'elle peut bien faire n'affectent pas son apparence, bien qu'elle fume pas loin d'un paquet de cigarettes par jour et qu'elle se descend 3 à 4 bouteilles d'alcool à la semaine (elle tient bien d'ailleurs l'alcool). Elle a également une tendance prononcée à la dépravation et à la lubricité : elle est belle et elle le sait (et c'est bien ça le problème). Elle n'a aucun scrupule à utiliser ses atouts pour parvenir à ses fins, et elle insiste jusqu'à atteindre son but. Elle applique à merveille le principe de "tous les moyens sont bons", et sur ce point là, sa bonne conscience se manifeste rarement. Ketih peut aussi faire preuve d'un cynisme assez mordant, et est du genre susceptible, surtout si on la dérange. Cependant, derrière ce comportement qui peut être qualifié de désinvolte voire frivole se cache un grand sérieux lorsqu'elle exerce son métier de professeur. Elle sait alors faire preuve de sévérité lorsque cela s'avère nécessaire. Une autre part de sa personnalité qui se manifeste rarement est la démence. En présence de doryphores (ou de sang en assez grande quantité), Ketih perd complétement le contrôle d'elle-même et devient une personne particulièrement violente et incapable de faire preuve d'une quelconque forme de discernement, ce qui lui causa bien des problèmes par le passé.

Grade : Professeur

Affinités : Air, Feu et Terre

Voie : La Voie de la Lumière

Pouvoir(s) spécial(aux) : Ketih voit les auras des gens, et peut deviner les sentiments animant les gens de par la couleur de leur aura (mais en général elle s'en fout et ne cherche pas à décrypter les auras des autres)

Histoire :

Chapitre Premier : La Noble Famille Hargreaves

Dans une colonie éloignée de la Terre, sur Arkandis il y a de cela plusieurs années, une tragédie survint au sein d’un manoir des plus luxueux. Ce manoir appartenait au clan Hargreaves depuis des décennies qui avaient vu se succéder des générations d’Hargreaves, dont la particularité était d’avoir les pupilles teintées d’une couleur or qui se transmettait à chaque descendant du clan sans exception. Au fil des ans et des guerres, le nombre de membres du clan s’était peu à peu étiolé, pour finir par se réduire à une trentaine de membres.
Cependant, le destin allait de nouveau affliger le clan. L’été s’était cette année montré particulièrement mauvais, les canicules succédant aux orages dévastateurs, obligeant toute la famille Hargreaves -alors rassemblée pour célébrer les 80 ans du patriarche- à s’enfermer dans leur manoir pour n’en sortir que pour faire des provisions. Une explosion avait retenti dans l’aile nord du château vers la fin de l’après-midi. Tous s’étaient précipités en direction du bruit pour connaitre son origine. A leur grande surprise, ils se retrouvèrent face à des Doryphores.


Complètement désarmés, la plupart d'entre eux fut tuée sur le coup par les créatures. Certains essayèrent de prévenir les autres membres de la famille restés dans le salon, mais ils furent tous rattrapés et tués par les doryphores à l'exception d'un homme, qui malgré d'importantes blessures, parvint à les prévenir. La dizaine de personnes présente dans le salon s'agita dans tous les sens, en proie à la panique : le groupe était composé de femmes, d'enfants plus ou moins jeunes et de personnes âgées.
L'homme qui les avait prévenu de la menace se dirigea d'un pas chancelant vers sa femme qui tenait par la main leur fils, alors âgé de près de deux ans. Il leur dit de s'enfuir par l'un des nombreux passages secrets du manoir, en l'occurrence il leur ordonna d'emprunter celui qui se trouvait derrière de vieilles tapisseries situées en haut de l'escalier principal. La jeune femme protesta, refusant d'abandonner son mari en si piteux état. Il la saisit alors par les épaules avec les maigres forces qu'il lui restait, plantant son regard doré dans les yeux bleus de son épouse : elle ne devait pas s'inquiéter pour lui et s'enfuir avec leur enfant, car il était déjà trop tard pour lui : il perdait beaucoup de sang et n'en avait plus pour longtemps.
Le regard embué de larmes, elle lâcha brièvement la main du petit garçon et étreignit son mari avec force. Elle le relâcha doucement, fixant les yeux couleur or de l'homme, cette couleur qui teintait également les yeux de leur unique enfant. Elle finit par murmurer un "je t'aimerai toujours", ses larmes coulant de plus belle sur ses joues rosées, puis attrapa la main de leur fils et partit. A ce moment-là, un grand boucan retentit : les Doryphores venaient d'arriver dans le salon. Ils brisèrent facilement la porte et commencèrent à attaquer les personnes présentes. Elles s'enfuyaient dans toutes les directions, ne faisant qu'accroître la panique déjà ambiante.
La jeune femme, portant désormais son fils, avançait aussi discrètement que possible dans la pièce dévastée, lorsque des cris attirèrent son attention. Un bébé était sur le sol, pleurant à chaudes larmes. On pouvait voir sur son front une bosse assez conséquente pour un si petit être qui avait certainement été causée par la chute du berceau qui l'abritait. Elle reconnut alors sa nièce qui avait tout juste 3 mois. Regardant autour d'elle à la recherche de sa belle-sœur, elle finit par la trouver. Mais elle n'était déjà plus de ce monde, à en juger par l'importance de ses blessures ainsi que par la quantité de sang répandue sur le sol. Elle reposa son fils pour pouvoir porter le bébé.
C'était la moindre des choses à faire pour respecter l'âme de son mari : sauver la fille du frère jumeau de celui-ci. Une fois l'enfant bien positionnée dans ses bras, elle reprit la main de son fils pour quitter les lieux au plus vite. Elle se dirigea aussi furtivement que possible vers le passage que lui avait dit d'emprunter son mari. Elle poussa les imposantes tapisseries de l'épaule, et se retrouva à son plus grand étonnement dans une large galerie creusée à même la roche. La couche de poussière indiquait que le passage n'avait pas été emprunté depuis des années, et son plafond était recouvert de toiles d'araignées. Elle s'avança sur le chemin, faisant entièrement confiance à son mari.
Le brouhaha dans la maison se renforçait d'instants en instants, et des cris de plus en plus déchirants retentissaient à travers le manoir. Elle pressa le pas, portant toujours le nourrisson qui s'était maintenant endormi malgré le tumulte. Par contre, son fils, dont elle tenait la main, pleurait en silence, et reniflait de façon régulière. Elle continua de marcher à vive allure lorsqu'enfin elle finit par apercevoir une faible lumière : la sortie était proche. Elle écarquilla les yeux : ils se trouvaient désormais au cœur de la forêt entourant le manoir. Au loin, elle distinguait la gigantesque bâtisse qui surplombait les alentours du haut d'une colline : ils n'étaient pas encore tirés d'affaire.


Courant à travers les bois, la jeune femme cherchait à rejoindre la route la plus proche. Au bout d'une demi-heure de course effrénée, des bruits de moteur commencèrent à parvenir à leurs oreilles. Cinq minutes plus tard, ils atteignaient une route. Le ciel grondait, et des nuages noirs se pressaient dans le ciel. Une voiture surgit de l'autre côté de la route. La jeune femme cria de toutes ses forces pour que le véhicule s'arrête, ce qu'il fit. Le conducteur, surpris à la vision de cette femme portant un bébé endormi avec une énorme bosse sur le front et tenant par la main un gamin reniflant sans arrêt, le tout recouvert de boue et de feuilles. Il accepta de les faire monter.


Plusieurs années plus tard

La jeune femme, Lucia Hargreaves, avait finalement emménagé dans le village en contrebas du manoir qui avait été dévasté par les doryphores, bien qu'ils fussent assez rapidement éliminé par les autorités compétentes. Elle élevait seule son fils Christopher ainsi que sa nièce Ketih. Elle avait réussi à se trouver un travail pas trop prenant et plutôt bien payé lui permettant d'assumer la charge que pouvait représenter deux jeunes enfants. Tous deux avaient les yeux dorés caractéristiques des Hargreaves et, probablement parce que leurs pères respectifs étaient jumeaux, les deux enfants se ressemblaient beaucoup, bien qu'ils se différenciaient par leur couleur de cheveux : Christopher avait les cheveux d'un noir de jais comme son père, tandis que Ketih avait hérité des cheveux rouges de sa défunte mère. Autre différence, Ketih avait été affublée de lunettes dès le plus jeune âge à cause de sa mauvaise vue. Bien qu'ils soient cousins, Lucia les élevait comme s'ils étaient frère et sœur. Étant pratiqumenet du même âge -quelques mois les séparaient- ils étaient tout le temps fourrés ensemble, inventant mille et une farce. Les deux enfants, tout deux très espiègles, n'avaient en effet de cesse de jouer des tours à tout le monde, et même Lucia n'était pas toujours épargnée. La jeune femme avait choisi d'être honnête avec eux, et leur avait expliqué dès qu'ils avaient atteint un âge leur permettant de bien comprendre les choses qu'ils étaient cousins, et non frère et soeur. Cette révélation ne changea rien à la relation qu'ils entretenaient, et l'un comme l'autre continuait de se comporter comme un frère et une sœur, s'appelant d'ailleurs en se nommant "grand frère" ou "petite soeur" lorsque ce n'était pas par leur prénom.
Cependant, un élément vint troubler l'ordre qui régnait au sein de la famille. Bien que ce ne soit pas vraiment important en soi, ça allait troubler de façon plus ou moins forte les derniers représentants de la lignée Hargreaves. L'incident survint vers les 14 ans de Christopher, en plein mois de Novembre. Ketih quant à elle avait 13 ans et demi. Une famille du nom de Cromwell s'installa dans la maison en face de celle des Hargreaves. Lucia alla les saluer, et les époux Cromwell se montrèrent également charmants, jusqu'à ce que la jeune femme demande à Christopher et Ketih de venir eux aussi saluer les nouveaux arrivants. Lorsque les Cromwell les virent, ils froncèrent les sourcils, et le mari dit d'un ton brusque que sa femme et lui avaient encore des cartons à ranger, et qu'il leur fallait donc s'éclipser. Son épouse remercia d'une voix légèrement tremblante Lucia d'être passée, et la porte se referma aussi sec. Un peu déconcertée par ce changement soudain d'attitude, Lucia accompagnée des deux enfants retourna chez elle.
Jusque là, rien de bien méchant. Mais ce fut ensuite que cela se corsa. Les Cromwell avaient une fille âgée de 14 ans nommée Lize et Ketih, voyant là une occasion de se faire une amie de son âge, alla lui parler. C'était environ un mois après l'arrivée des Cromwell. Et là, la petite fille eut une réaction assez surprenante :

"M'approches pas !"

-Hein? Mais...mais pourquoi?

"Mes parents m'ont dit de pas vous approcher parce que vous êtes maudits."

-De quoi??

Mais aussitôt après avoir dit ces paroles pour le moins étranges, Lize courut s'enfermer chez elle. Il ne se passa par la suite aucun autre événement de la sorte, et Lize -ainsi que ses parents- évitaient soigneusement aussi bien Ketih que Christopher. Peu à peu, les habitants du village méprisaient de plus en plus les deux adolescents : il fallait probablement voir là l'œuvre des Cromwell. Cette "mise à l'écart" s'étendit également à Lucia, bien qu'elle ne soit une Hargreaves que par les liens du mariage et que ses yeux soient d'un bleu éclatant. Ça allait des simples insultes aux menaces de mort. Et un jour, quelqu'un mit ses menaces à exécution. Un soir, on sonna à leur porte. Lucia alla ouvrir, et se retrouva nez-à-nez avec un homme massif qu'elle reconnut comme étant un de leurs voisins. Celui-ci tenait un pistolet à la main. Il demanda à voir Ketih et Christopher. Lucia, voyant clairement qu'il leur voulait du mal, refusa. L'homme attrapa violemment la femme par l'épaule, et lui dit d'une voix forte de les appeler. Elle refusa d'obéir de nouveau. Il lui mit un coup de poing en plein visage d'une telle force que Lucia fut projetée contre le mur. Inquiétés par le bruit, Christopher et Ketih arrivèrent dans l'entrée et vit ce qui avait causé tant de bruit : Lucia était à terre, se relevant difficilement tout en massant sa joue gauche qui avait enflé d'une façon assez spectaculaire. Lorsqu'elle les vit, elle leur hurla de toutes ses forces de s'enfuir, l'homme lui tira une balle dans le ventre. Lucia s'écroula. Survint alors une chose étrange : Ketih se mit à hurler et tomba à genoux, les mains crispées sur son ventre.

* Mais que se passe-t-il? Pourquoi...Pourquoi j'ai mal? Ce n'est pas sur moi qu'il a tiré... *

Christopher se pencha vers elle, ne comprenant pas ce qui arrivait à sa cousine. L'homme avait lui aussi remarqué l'attitude de la jeune fille et avait dit d'un ton narquois :

"Eh ben? Qu'est-ce qui t'arrives? Relèves toi petite c***e ! "

Ketih avait tellement mal qu'elle n'entendait plus rien autour d'elle. Christopher se chargea donc de répondre à sa place.

"Lui parles pas comme ça !"

"Sinon quoi? Réfléchis gamin, j'ai un flingue et vous avez rien pour vous défendre ! Votre sale engeance va disparaitre !
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MessageSujet: Re: Ketih Hargreaves [En construction]   Ven 7 Sep - 19:44

Christopher se mordit la lèvre : il ne savait que trop bien que cet homme avait raison. Il se tourna de nouveau vers Ketih. La douleur qu'elle éprouvait semblait être de plus en plus insoutenable. Le jeune homme continuait de regarder sa cousine, lorsqu'il vit une chose étrange : une sorte de voile de couleur noire recouvrait Ketih. Et lorsqu'il approcha la main de cette "chose", pour on ne sait quelle raison, ce voile vint tourbillonner devant la main de Christopher, et se transforma peu à peu en une boule de couleur noire. Et là, Ketih cessa de crier, et ses mains cessèrent de tenir son ventre. Par une vague intuition, Christopher lança la boule obscure sur leur assaillant, ce qui eut un effet surprenant. A son contact, la boule disparut comme si elle avait été absorbée, et aussitôt après il tomba à terre, se tenant le ventre comme l'avait fait Ketih quelques instants auparavant. Le jeune homme, lui-même ne comprenant pas trop ce qu'il venait de faire, ne put s'empêcher de dire dans un souffle :

"C'est quoi ce truc de dingue...?"

-On s'en fiche ! C'est l'occasion de se débarrasser de lui !

En effet, sous l'effet de la douleur, l'homme avait laissé tomber son arme. D'un bond rapide, Ketih se saisit de l'arme et retourna à côté de Christopher, tenant en joue leur agresseur. Les yeux de la jeune fille brillaient d'une lueur féroce. Sa voix était froide, quasiment méconnaissable.

-Alors tu trouves ça drôle de t'en prendre à des gens sans défense? Tu trouves ça marrant de tuer des gens qui n'ont rien fait de mal?

Des larmes commencèrent à couler sur les joues de Ketih.

-Ma tante ne t'avait rien fait, et tu lui as tiré dessus... Espèce d'ordure !

Une lueur furieuse, bestiale même, passa dans le regard couleur or de Ketih. Elle s'apprêtait à tirer sur l'homme lorsque Chris lui prit l'arme des mains. Elle protesta, essayant de reprendre l'arme des mains du jeune homme. Mais celui-ci étant plus fort qu'elle, il l'empêcha de récupérer l'arme, puis se dirigea vers leur agresseur qui était toujours à terre et assoma celui-ci. Il attrapa sa cousine par les épaules ; elle lui demandait pourquoi il l'avait arrêtée. Il lui dit d'une voix forte :

"Je t'empêche de faire une grosse connerie ! Maintenant occupes toi de maman pendant que je préviens les secours et la police. Et pas de mais ! "

Sur ce, il rangea le pistolet dans sa poche et se dirigea vers le téléphone le plus proche. Ketih s'approcha de Lucia. Elle était inconsciente, mais elle ne perdait pas beaucoup de sang. Les secours arrivèrent au bout de dix minutes qui semblèrent durer une éternité pour les adolescents. Lucia fut immédiatement conduite à l'hôpital. Cinq minutes plus tard, la police vint arrêter leur agresseur pour tentative de meurtre.
Deux jours plus tard, Christopher et Ketih furent autorisé à voir la jeune femme. La fatigue se lisait sur son visage, qui restait cependant souriant. Elle était tirée d'affaire, aucun organe vital n'ayant été touché par la balle. Cependant, le visage aux traits fins de Lucia devint soucieux, et elle prit la parole d'une voix tremblante :

"Christopher, Ketih, vous devez partir d'ici. Vous n'êtes plus en sécurité ici... Cette fois on a évité le pire, mais qui sait ce qui pourrait arriver la prochaine fois... Cet homme était venu pour vous tuer à vous, et ce n'est probablement pas le seul à en vouloir à votre vie."

-Mais pourquoi tu nous dis de partir? Et toi alors? Tu ne viens pas avec nous?

Lucia fit "non" de la tête, les yeux mi-clos. Visiblement, il lui en coutait de dire ce qu'elle disait, mais lorsqu'elle répondit, sa voix, bien que faible, était déterminée.

"Si je venais avec vous, qui dirait à tout le village que vous avez fugué? Et puis je me dois de rester ici, c'est là que repose mon mari."

-Et alors? Moi ce sont mes parents qui reposent sur ces terres, et il y a le père de Chris aussi. Je ne vois pas pourquoi on partirait sans toi.

Des larmes commencèrent à couler sur les joues de Lucia.

"Vous devez partir. Si on reste ici, vous vous ferez tuer... Je ne pourrai pas toujours vous protéger. Et si je venais à mourir, comment feriez vous pour survivre? C'est pour ça que je préfére que vous partiez maintenant, avant que le pire n'arrive. Rentrez à la maison, prenez autant d'affaires que possible, un peu d'argent et de nourriture, et partez vers le sud. J'ai contacté mon frère, il a accepté de vous héberger. Je vous appelerai tous les jours. Je vous rendrai visite aussi souvent que possible. Je sais que vous serez en de bonnes mains, alors partez, je vous en supplie."

Christopher, les larmes au yeux, prit sa mère dans ses bras un long moment, puis regarda Ketih. Il fit un mouvement de tête vers Lucia qui indiquait qu'elle aussi devait dire au revoir à la jeune femme. La jeune fille retira ses lunettes pour essuyer ses larmes qui coulaient abondamment. Même si elle savait que Lucia n'était pas sa vraie mère, elle la considérait comme telle depuis toujours. Elle l'étreignit en sanglotant, puis la relâcha au bout de quelques instants. Chris prit sa cousine par l'épaule, et tous deux sortirent de la chambre d'hôpital. De retour chez eux, ils commencèrent à préparer leurs affaires silencieusement. Aucun d'entre eux n'osait parler, préférant se concentrer sur sa tâche. Une fois leurs bagages prêts, ils se retrouvèrent face à face. Le silence, lourd et étouffant, pesait sur eux, et sans rien dire, ils s'enlacèrent fermement. Tous deux pleuraient, et ils s'agrippèrent de toutes leurs forces, à tel point que c'en était douloureux. Ils prirent ensuite la direction de la gare située non loin.

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MessageSujet: Re: Ketih Hargreaves [En construction]   Sam 6 Oct - 19:39

Chapitre second : Fin de l'Innocence


Le train les emmena directement à destination, dans le sud du pays. A la gare, les deux cousins reconnurent Thomas, le frère de Lucia, qu'ils avaient déjà vu en photo auparavant. Il était jeune -à peine la trentaine-, et avaient les yeux du même bleu que ceux de Lucia ainsi que les mêmes cheveux châtains. Celui-ci agita la main dans leur direction, puis les conduisit à sa voiture. C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent dans la maison des Ortega. Juste aux abords du bâtiment se trouvait un gigantesque gymnase, qui se révéla être en fait une salle de danse : le frère de Lucia était professeur de danse. La maison du jeune homme n'était pas très grande d'autant qu'il y vivait avec sa fiancée Noami. De ce fait, Ketih et Chris se retrouvèrent dans la même chambre, bien qu'ayant tout de même un lit chacun. Une fois le repas du soir avalé, les deux adolescents retournèrent dans leur chambre pour aller se coucher.

Cependant, ils ne se couchèrent pas de suite : il était désormais temps de réfléchir à ce qui s'était passé lors de l'incident qui avait envoyé Lucia à l'hôpital. Ketih était assise en tailleur sur son lit, Chris était quant à lui simplement posé sur le bord de son propre lit. Ils se faisaient face, se fixant l'un l'autre de ce même regard doré. Leurs visages étaient tellement similaires qu'on avait l'impression qu'ils étaient jumeaux. Chris prit la parole.

"Ce qui s'est passé pendant de l'agression de maman, est-ce que tu t'en souviens?"

Ketih hocha lentement la tête.

-Oui, mais je ne comprend toujours pas ce qui s'est passé, c'était tellement bizarre... D'abord quand il a tiré sur maman, et que j'ai commencé à avoir mal... Et ensuite, quand j'ai arrêté d'avoir mal, sans raison... J'ai pris le pistolet mais je me souviens pas vraiment de ce que j'ai fait, c'était assez confus... C'est de nouveau clair à partir de l'arrivée des secours.

Chris fronça les sourcils.

"Je vois... Pendant la période dont tu ne te rappelles pas très bien, tu as pris le pistolet de l'agresseur et tu lui aurais certainement tiré dessus si je ne t'en avais pas empêché. T'étais complètement hystérique, j'ai même dû te prendre l'arme des mains ! Quant aux douleurs, en fait ça s'est arrêté lorsque j'ai sorti ce que je voyais sur toi..."

Ketih afficha alors une mine perplexe qui invitait Chris à étoffer ses explications.

"Eh bien à un moment, quand je t'ai regardée, j'ai vu une sorte de voile noir qui te recouvrait, et lorsque j'ai approché ma main pour essayer de le toucher, ça s'est transformé en une sorte de...boule. Et je sais pas trop pourquoi, mais je l'ai balancée sur le type. T'as tout de suite arrêté de crier après ça, heureusement. Par contre juste après c'est lui qui a commencé à hurler."

La jeune fille, visiblement en pleine réflexion, ne répondit pas sur le moment. Quelques minutes s'égrainèrent ainsi, lorsqu'elle finit par reprendre la parole.

-Aussi étrange que ça paraisse, je crois qu'on a tous les deux une sorte de...pouvoir. Je ne vois pas d'autres explications.

"Si c'est vrai, alors tu possèderais alors un truc ressemblant à de l'empathie, non? Dans ce cas-là, tu aurais perçu la douleur de ma mère lorsqu'elle s'est faite tirer dessus... Ça se tient, et c'est la seule hypothèse qui me parait "logique", même si ça suppose l'existence de ce genre de pouvoir. Mais par contre, je vois pas trop comment je pourrais définir ce que j'ai fait..."

Ketih inclina légèrement la tête sur le côté, et redressa ses lunettes qui glissaient légèrement.

-Si ça s'est passé tel que tu me l'as dit, en partant de la supposition que j'aurais "absorbé" le sentiment de douleur de maman, alors tu aurais "déplacé" ce sentiment sur quelqu'un d'autre... C'est vraiment trop bizarre ce qui nous arrive !

"Bah de toutes façons, maintenant que c'est là, on pourrait essayer de mieux maîtriser ces facultés tu ne crois pas? Ça peut toujours servir... Et puis en le contrôlant mieux, peut-être que tu arriveras à ne pas percevoir les sentiments des autres...

Chris bâilla ostensiblement, ce qui entraîna le même bâillement chez Ketih. Elle se frotta les yeux avec lenteur et regarda d'un air ensommeillé la fenêtre : la nuit avait recouvert de son sombre manteau la ville depuis longtemps. Prenant appui sur son lit, Chris se leva pour fermer les volets, ce qui occasionna un courant d'air glacé qui les fit tous deux frissonner. Une fois la fenêtre refermée, il regagna son lit, et dit d'une voix calme qu'il était désormais temps de dormir, Thomas leur avait dit que la journée qui les attendait allait être chargée. Ketih acquiesça, puis se glissa dans son lit, s'emmitouflant avec soin dans les couvertures moelleuses et souhaita bonne nuit au jeune homme. Chris fit de même. Tous deux s'endormirent rapidement, oubliant pour un temps ces derniers jours qui semblaient irréels.
Le matin arriva, froid et maussade, digne du mois de Décembre qui débutait. A défaut d'avoir été long, leur sommeil avait heureusement été paisible, et ils étaient descendus prendre leur petit-déjeuner en forme et de bonne humeur. Noami était déjà levée et habillée, et était en train de faire du café pour Thomas qui quant à lui était assis à la table, des tartines de confiture devant lui. Lorsque les deux adolescents entrèrent dans la pièce, Thomas et Noami les saluèrent, puis Thomas prit la parole individuellement.

"Lucia et moi-même nous sommes mis d'accord quant à vous deux, vous allez m'aider à encadrer les élèves des cours de danse que je donne."

Voyant les mines ahuries de ses neveux, il rajouta en rigolant qu'ils allaient recevoir un entraînement intensif, puisqu'il était évident qu'en l'état actuel, ils étaient bien incapables d'effectuer le moindre pas un tant soit peu élaboré. A terme, cela lui permettrait d'accueillir deux à trois fois plus de gens dans ses cours. De toutes façons, il n'avait pas les moyens de payer leurs études, c'était donc mieux ainsi. Ketih et Chris n'y virent pas d'objection, dans la mesure où ils étaient tous deux amateurs de sport, et ce quelle qu'en soit la forme. Bien qu'étant relativement intelligents et vifs d'esprit, les deux cousins n'appréciaient pas les études, qui pour eux étaient profondément ennuyeuses et inutiles, puisqu'uniquement basées sur la théorie. Ils préféraient largement l'action à la réflexion donc, et la danse leur permettrait de sculpter leurs corps en plein changement.
Les mois s'écoulaient lentement et sûrement, les pas de danse se faisaient de plus en plus complexes, et les corps des deux adolescents s'affûtaient à un rythme régulier. Ils devinrent suffisamment bons pour eux-mêmes enseigner cette discipline exigeante et variée qu'était la danse. Chacun des deux cousins remplissait leurs cours, grâce à leur talent et leur énergie, mais également par leur beauté et leur pouvoir de séduction sur le sexe opposé. A tout juste 16 ans Ketih mesurait près d'1m70 et approchait de plus en plus des proportions considérées parfaites, "90-60-90", qui signifiait des courbes plus qu'agréables que nuançait une taille plutôt fine. Ses cheveux couleur feu tombaient jusqu'au creux de ses reins en de longues mèches effilées. Elles portaient des verres de contact, les lunettes s'étant vite révélées gênantes lorsqu'il s'agissait de danser, ce qui mettait en avant la beauté de ses traits. Chris n'était quant à lui pas en reste : il était plus grand que Ketih d'à peine 5 centimètres, mais avait des épaules larges et solides. Ses cheveux noirs de jais faisaient ressortir la couleur si particulière de ses yeux. Sa voix était devenue plus grave et plus suave, ce qui contrastait avec la finesse de son visage qui, malgré la virilité de son physique, avait conservé quelques caractéristiques féminines, ce qui maintenait l'incroyable ressemblance des deux cousins -la plupart des gens les prenaient pour des frères et soeurs, voire même parfois pour des jumeaux- seuls eux-mêmes ainsi que leur oncle Thomas et sa fiancée connaissaient leur véritable lien de parenté.
La maisonnée recevait assez souvent Lucia, qui venait leur rendre visite une à deux fois par mois et leur téléphonait quasiment tous les jours. Elle n'avait de cesse de constater avec une pointe de nostalgie combien ses enfants avaient grandi et gagné en maturité. La gestion des cours leur avait en effet procuré un sens important des responsabilités, Thomas leur ayant progressivement délégué la plupart des tâches relatives aux cours qu'ils donnaient, d'autant que les deux adolescents enseignaient chacun différents styles de danse qui allaient de la danse classique au hip-hop, en passant par la salsa. Chris et Ketih s'entendaient toujours aussi bien, si ce n'est mieux : la danse avait accentué la complicité qui les liait. Un autre élément les avait soudé : la maîtrise des étranges pouvoirs qu'ils s'étaient découvert le soir de l'agression de Lucia.
Désormais, avec un peu de concentration, ils pouvaient tous deux voir ces voiles colorés recouvrant les personnes -qu'ils désignaient sous le nom d'aura, n'ayant pas trouvé d'appellation correspondant à ça-, et ils parvenaient à décrypter les sentiments des gens en analysant la couleur et l'intensité de l'aura. Ketih maîtrisait bien mieux son don d'empathie, au point qu'elle ne ressentait les sentiments d'une personne que si elle le souhaitait. Ce progrès était très appréciable, puisque de ce fait elle n'était plus à la merci du moindre sentiment "violent" (douleur, colère, etc). Chris conservait quant à lui l'exclusivité du transfert de sentiments, Ketih n'ayant pas réussi à faire de même. Tous deux étaient les seuls à connaitre l'existence de ces pouvoirs, ce qui ne faisait que renforcer leur connivence. Cependant, un élément allait légèrement perturber leur relation.

En une chaude fin d'après-midi de juin, Noami revint de son travail avec quelque chose, ou plutôt quelqu'un : la jeune femme était accompagnée d'une autre personne, une fille. Celle-ci était jeune -à peine 13 ans-, et se nommait Elya. Elya était une enfant plutôt chétive et pas très grande, ses cheveux étaient d'un blond particulièrement clair. Son visage était délicat, et la blancheur de sa peau la faisait ressembler à une poupée de porcelaine qui pouvait se briser à tout instant. Une impression de candeur et de fragilité se dégageait de sa personne toute entière. Sa voix était très douce, et elle parlait avec pudeur. Il fut décidé qu'elle prendrait le lit de Chris qui quant à lui dormirait sur un matelas posé entre le lit de Ketih et celui d'Elya, un matelas étant tout de même plus confortable qu'un minuscule canapé. Ils mangèrent rapidement le repas, et Noami alla coucher la petite fille. Une fois cela fait, elle revint dans le salon où l'attendaient son fiancé ainsi que Ketih et Chris. La jeune femme s'assit, et commença à raconter l'histoire d'Elya.
Cette pauvre enfant avait eu une vie difficile : sa mère était alcoolique et ne s'occupait pas d'elle. Elle ne reconnaissait même pas sa propre fille et l'insultait dès qu'elle entrait dans son champ de vision. Le père d'Elya ramenait sans cesse des femmes différentes au domicile familial, sans se préoccuper de la présence de l'enfant, bien qu'il arrivait que celui-ci frappe Elya lorsqu'elle essayait de lui parler. Cette situation finit par pousser cette dernière à commettre une tentative de suicide, qui échoua heureusement. Elle fut admise à l'hôpital où travaille Noami pour suivre une thérapie, mais celle-ci était très instable et nécessitait une surveillance constante ; depuis son admission à l'hôpital, elle avait fait deux autres tentatives de suicide. Noami avait dès lors décidé de s'en occuper, même si Elya devait tout de même continuer sa thérapie à l'hôpital. L'argument décisif avait été la nécessité de cet enfant de vivre dans une famille stable. Elya étant encore dangereuse pour elle-même, Noami devait chaque soir lui administrer des somnifères.
De ce fait, la petite fille allait vivre avec eux. Cela ne posait pas de problème à Thomas, puisque grâce à l'aide de Chris et Ketih, le chiffre d'affaires du cours de danse était plus que confortable, et permettait tout à fait aux Ortega d'assumer une personne supplémentaire en leur sein. Les deux cousins n'y voyaient quant à eux aucune objection -même si Chris aurait préféré pouvoir garder son lit, mais bon, puisque c'était "pour la bonne cause", il pouvait bien faire un petit effort. Il commençait à se faire tard, aussi allèrent-ils se coucher. Les deux adolescents retournèrent dans leur chambre où dormait déjà Elya. Le matelas de Chris était déjà prêt : à sa vue, ce dernier soupira (Chris, pas le matelas). Ketih regarda distraitement leur nouvelle "colocataire" qui était profondément endormie. Elle remuait dans son sommeil, peut-être faisait-elle un cauchemar. Mais ça, elle seule le savait. Elle se glissa dans son lit rapidement pour que Chris puisse se coucher sur son matelas. Tous deux s'endormirent rapidement.

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Ketih Hargreaves
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MessageSujet: Re: Ketih Hargreaves [En construction]   Sam 6 Oct - 19:48

Les jours passèrent, et tous s'habituaient petit à petit à la présence d'Elya. Sans que l'on sache trop pourquoi, elle restait souvent à côté de Chris, mais sans lui parler. Noami en conclut que la petite fille devait le considérer un peu comme un grand frère. Et en effet, le jeune homme se comportait de plus en plus comme tel, et plus précisément comme un grand frère gâteux : il lui achetait des bonbons de manière quasi quotidienne, et lorsqu'il s'apercevait de sa présence, il lui tapotait la tête d'une manière affectueuse. Bien que Chris se comportait toujours de la même façon avec Ketih, celle-ci observait toutes ces scènes d'un oeil vaguement jaloux. Mais cette jalousie ne cessait de croître. Et le départ d'Elya pour une quinzaine de jours à l'hôpital pour sa thérapie n'arrangea pas les choses, bien au contraire. En effet, dès qu'elle fut partie, Chris eut l'air songeur pendant plusieurs jours. Et lorsque Ketih se décida à lui demander ce qui n'allait pas, il lui demanda d'un air absent qu'est-ce qui, selon elle, pourrait faire plaisir à Elya comme cadeau. Elle le foudroya du regard, marmonna un "je sais pas" d'un ton rageur et partit aussi sec au gymnase.
Le soleil commençait à rougir imperceptiblement, annonçant l'arrivée prochaine de la nuit. La jeune femme se changea rapidement dans les vestiaires pour revêtir des vêtements plus près du corps permettant une plus grande liberté de mouvements. Une fois cela fait, elle attacha ses longs cheveux en deux couettes qui encadraient son visage. Les préparatifs étaient finis. Elle mit en route la machine faisant office de juke-box, et lança une chanson au hasard. C'était du hard rock. Elle eut un sourire ironique : au moins cette machine avait compris ce qu'elle ressentait, elle. L'avantage de ce genre musical était la rapidité de son rythme, qui en faisait un genre idéal pour se défouler, ce qui était le but de Ketih. Elle s'élança, dansant sans même réfléchir, comme si son corps bougeait de sa propre volonté indépendamment de toute intervention de son esprit. Son corps tout entier s'abandonnait au rythme saccadé des sons qui résonnaient dans la vaste salle, comme s'il était devenu lui-même une partie intégrante de la chanson, au même titre qu'une guitare ou qu'une batterie. Chacun de ses gestes correspondait à un son de la chanson, à tel point qu'on avait l'impression que c'est la musique qui suivait ses gestes, et non l'inverse. La danse semblait être une chose si naturelle, si instinctive pour elle qu'elle n'avait même pas ressenti le besoin de garder ses yeux dorés ouverts, ce qui ne rendait son abandon à la musique que plus profond et plus total. Ses mouvements étaient tellement rapides que même son reflet dans le grand miroir que comportait le gymnase paraissait avoir du mal à suivre l'originale.
Ketih, dans un état proche de la transe, se sentait particulièrement bien ainsi, plongée momentanément dans l'amnésie la plus complète. Toutefois, en plein milieu d'un solo de batterie particulièrement intense, la musique s'interrompit brusquement. Comme un pantin dont on aurait coupé les fils, Ketih tomba à genoux sur le parquet, comme si ce silence soudain venait de la réveiller d'un long sommeil. Ouvrant à contre-coeur les yeux, elle se tourna vers le juke-box, cherchant ce qui avait causé cet arrêt brutal. Chris se tenait debout à côté dudit objet, les bras croisés et les sourcils froncés.

"Tu nous fais quoi là? Ça fait deux heures que tu danses sans faire la moindre pause ! Tu veux tomber dans les pommes ou quoi? "

Ketih le fixa longuement, avant de finir par dire d'un ton agacé qu'elle n'était pas aussi fragile que la petite Elya et qu'il n'avait pas à s'inquiéter pour elle, et qu'il ferait mieux de se soucier du cadeau de l'adorable Elya qui était bien plus important. Elle se releva et prit la direction des vestiaires, mais Chris l'attrapa par le bras. Visiblement déconcerté par une telle réaction de la part de sa cousine, il la regarda d'un air perplexe, puis finit par lui rappeler que le repas était bientôt prêt et qu'elle devait se dépêcher de retourner à la maison. Elle dégagea son bras de l'étreinte du jeune homme et s'engouffra dans les vestiaires sans rien dire. Elle venait de prendre conscience de ce qui l'énervait tant : elle était en fait jalouse d'Elya. Mais pas parce qu'elle accaparait le cousin de Ketih, mais parce qu'elle s'appropriait l'homme qui comptait le plus pour Ketih. Depuis combien de temps avait-elle commencé à considérer Chris non pas comme son frère ou son cousin, mais comme un homme à part entière? Elle n'en avait pas la moindre idée. Mais la compréhension de sa colère eut pour effet de la réduire quelque peu, même si concrètement, cela ne changeait rien au problème.
A table, Ketih piquait ses haricots verts avec sa fourchette d'un air féroce, et semblait particulièrement absorbée par cette tâche. Chris était en train de parler du cadeau pour Elya, et elle ne voulait surtout pas l'entendre. Par elle ne sait quelle enchantement, tous les haricots verts contenus dans son assiette ressemblaient à Elya, et c'est avec un plaisir quasiment sauvage qu'elle s'imaginait plantant sa fourchette dans la sale petite tête de cette fille. Les sourcils froncés, elle pensait à toute allure. La prise de conscience de ses sentiments avait déclenché une foule d'autres questions en elle. Tout d'abord, valait-il mieux garder ça pour elle ou non?

"Et toi Ketih, t'en penses quoi?"

Thomas venait de s'adresser à elle si brusquement qu'elle en sursauta presque. Il était toujours question de ce satané cadeau. Ketih posa sa fourchette sur le bord de son assiette et répondit tout en se servant de l'eau qu'elle n'était pas douée pour choisir les cadeaux. Elle avala d'une traite le contenu de son verre, reprit sa fourchette et piqua de plus belle ses haricots verts. Elle soupira d'un air qui dissimulait assez mal son agacement. Tout ce qu'elle voulait en ce moment, c'était quitter cette table et aller se coucher. Elle en avait par dessus la tête de ces "Elya par-ci, Elya par là". Elle finit rapidement son assiette et quitta la table en disant en guise d'excuse qu'elle n'avait plus du tout faim. Après un bref passage dans la salle de bains pour retirer ses lentilles, se brosser les dents et mettre le grand T-shirt qui lui servait de chemise de nuit, elle partit directement se coucher. Une main placée sous son oreiller, elle s'était allongée sur le côté de façon à être face au mur, et de fait de dos par rapport au lit de Chris. Bien qu'elle donnait l'impression de dormir, il n'en était rien, loin de là. Elle enrageait littéralement envers Elya, mais également envers elle-même.

* Je suis vraiment stupide, être jalouse d'une gamine de 13 ans...*

Malgré sa colère, elle commençait à somnoler un peu : les deux heures de danse ininterrompues se faisaient ressentir dans ses membres endoloris. Elle finit par s'endormir, serrant toujours son oreiller. Quelques instants plus tard, Chris fit son entrée dans la chambre, s'apprêtant à demander des explications à Ketih pour son comportement, mais constatant que celle-ci était d'ores et déjà couchée, il décida de remettre cette discussion à plus tard. Il observait la jeune femme de ses yeux d'or, songeur.

* C'est étrange, lorsqu'on parlait d'Elya à table, son aura avait la couleur de la colère, avec une pointe de jalousie...Hmm je vois... *

Un mince sourire se dessina sur son visage, puis il se passa la main dans ses cheveux noir corbeau avec lenteur. Ses lèvres s'étirèrent en un long bâillement, et il décida d'aller se coucher également. La nuit fit rapidement place à l'aube. Bien qu'aujourd'hui la salle de danse soit fermée, Ketih s'était levée aux aurores pour y retourner. Elle avait laissé un petit mot pour indiquer où elle se trouvait, et avait amené de quoi déjeuner -de si bon matin, elle n'avait pas très faim, mais ça ne saurait tarder. Elle mit en route la musique, et des intonations énergiques emplirent le gymnase. Le hip-hop remplaçait le hard rock de la veille, mais le rythme restait rapide. Ses longs cheveux rougeoyants étaient attachés en une unique queue de cheval qui dégringolait jusqu'à ses hanches, permettant ainsi de dégager son visage. La salle étant chauffée, elle ne portait qu'un petit short qui dévoilait ses longues jambes ainsi qu'un t-shirt moulant à manches courtes. Des baskets blanches complétaient l'ensemble. Elle avait tout d'abord effectué une série d'échauffements, puis avait commencé à réaliser diverses figures de hip-hop. Quelques heures plus tard, son estomac se manifesta bruyamment, et elle fit une pause pour déjeuner avec ce qu'elle avait apporté. Elle tendit la main pour attraper la tasse de thé qu'elle venait de se servir et dont elle avait déjà bu quelques gorgées, mais une autre main s'en saisit. Ketih releva la tête et se retrouva face à face avec Chris. Il lui sourit et commença à boire la tasse, tout en s'asseyant à côté d'elle. Ketih, surprise par son apparition soudaine, avait légèrement rougi. Repensant à la veille, elle n'arrivait même pas à le regarder en face.
Tout en continuant d'engloutir le liquide brûlant, Chris commença à lui faire la conversation, entamant les hostilités en lui disant qu'elle était très matinale aujourd'hui, celle-ci ayant déjà disparu lorsqu'il s'était levé (même si de manière générale elle ne dormait pas énormément, contrairement à lui). Ketih, faisant un effort pour se tourner vers son cousin et supporter son regard, répondit d'une voix qu'elle essayait de rendre aussi naturelle que possible que les rayons de soleil perçant à travers les volets l'avaient réveillée. Il la fixait d'un air malicieux, et lui répondit d'une voix douce "si tu le dis". Il continua de boire la tasse qu'il avait empruntée à Ketih, la regardant dans les yeux tout en buvant. Il était de plus en plus difficile pour elle de soutenir le regard du jeune homme, et elle avait du mal à contrôler le rougissement de ses joues. Finissant la tasse, il se leva et se mit face à Ketih qui était toujours assise et lui dit en souriant :

" Une petite salsa, ça te dit? Ça fait longtemps qu'on a pas dansé ensemble ! "

Surprise par une telle demande, elle ne put s'empêcher d'écarquiller les yeux de stupeur, mais également de rougir. Cette danse nécessitait le contact corporel entre les deux danseurs, et à cette pensée, la jeune femme rougit de plus belle. Un dilemme s'imposait à elle : soit accepter et prendre le risque de ne pas parvenir à se contrôler, soit refuser et éveiller les soupçons de Chris. Résignée, elle se leva et alla mettre les chaussures à talons qui se trouvaient dans le vestiaire. Elle s'étira ensuite un peu avant de le rejoindre, celui-ci s'était entre-temps placé au centre de la salle, et avait sélectionné un style de chanson approprié. Il lui tendit la main et l'attira vers lui, plantant son regard doré dans celui exactement similaire de sa cousine. Il sourit de nouveau, et prononça en guise de signal de départ un simple "C'est parti". Chris, tenant les mains de Ketih, commença à faire quelques pas de danse qu'elle reproduisait, puis il la fit tourner sur elle-même deux ou trois fois, et ils reprirent les pas de danse rythmés et énergiques. Leurs hanches ondulaient en rythme, et pour l'instant, ils étaient assez éloignés l'un de l'autre, au grand soulagement de Ketih. Elle sentait la main de Chris qui était placée vers le bas de son dos avec une telle intensité qu'elle avait l'impression que tous ses nerfs s'étaient soudainement concentrés dans le bas de son dos.

* Reste calme, respires Ketih... Contrôles toi...*

Elle se laissa légèrement tomber en arrière, soutenue par la main de Chris, puis il la refit basculer en sa direction, de sorte que quelques centimètres à peine séparaient leurs corps. Grâce à ses talons, Ketih faisait la même taille que Chris, et de ce fait leurs visages étaient face à face, donnant l'impression que chacun se regardait dans un miroir. Au fur et à mesure qu'ils se fixaient tout en dansant, Ketih sentait monter en elle un lourd désir, celui de l'embrasser fougueusement. Ses sourcils se froncèrent légèrement de par l'effort qu'elle devait faire pour se retenir, mais pour l'instant, cela restait contrôlable. Elle respirait aussi lentement que possible pour tenter de diminuer le rythme de son coeur qui battait la chamade. C'était dur. Surtout que Chris semblait vouloir prolonger aussi longtemps que possible leur danse. Elle essaya de se reculer un peu de Chris, mais celui-ci, remarquant ce qu'elle tentait de faire, la ramena encore plus contre lui, et lui murmura à l'oreille d'un air malicieux qu'il n'allait pas la manger. Chacun des pas de Ketih lui demandait de plus en plus d'efforts, si bien qu'elle finit par faire un faux pas, et tomba à terre. Sa cheville lui faisait mal, mais c'était supportable, la blessure devait donc être superficielle. Elle retira ses chaussures et Chris l'aida à se relever.

"Tu veux que je te porte? "

-Non...non ça ira merci. Je vais mettre un peu de glace dessus et ce sera bon.

Ketih se dirigea lentement vers les vestiaires tandis que son cousin était allé chercher une poche de glace artificielle dans l'armoire à pharmacie de la salle (il n'était pas rare que des élèves du cours de danse se blessent). Une fois revenu, il appliqua la poche qui contenait une substance d'un blanc quasiment transparent sur la cheville endolorie de la jeune femme. Au contact du plastique glacé, elle ne put s'empêcher de grimacer, mais elle tint le coup. Chris regarda sa montre et constata qu'il était déjà près de 16h30, aussi décidèrent-ils de rentrer sur-le-champ à la maison. La cheville de Ketih (qui avait légèrement enflé) les obligeait à marcher bien plus lentement que d'habitude, mais ce n'était pas bien gênant. D'ailleurs, elle ressentait quasiment plus la douleur. Ils marchaient silencieusement, lorsque Ketih prit la parole. Une chose l'intriguait.

-Au fait Chris, t'étais où ce matin?

Il tourna lentement la tête vers elle, et finit par dire simplement :

"Je suis allé acheter le cadeau pour Elya. C'est après-demain qu'elle sort de l'hôpital."

Ketih fronça les sourcils et arrêta de marcher. Encore cette satanée gamine. Elle n'y tint plus.

-Tu ne crois pas que tu la couves un peu trop? Ce n'est plus un bébé !

Chris s'arrêta aussi. La rue était déserte.

"Pour moi, Elya a l'innocence d'un nouveau né."

Un long silence suivit ces paroles, puis ils finirent par reprendre le chemin sans parler. Ketih alla prendre un bain dès qu'ils furent rentrés ; elle voulait rester seule avec ses pensées pour l'instant. Ketih s'était allongée dans la baignoire de sorte que seul son visage émergeait, gardant ainsi le corps nu de la jeune femme à l'abri de la fraîcheur ambiante. Elle fixait le plafond, le regard dans le vague.

* Pourquoi j'en fais tout un plat? Une relation entre Chris et Elya est certainement plus "acceptable" qu'entre lui et moi... Pourquoi a-t-il fallu que ce soit lui que j'aime? Tout aurait été tellement plus simple si ça avait été quelqu'un d'autre... Même en sachant parfaitement que c'est inutile, je n'arrive pas à m'en empêcher... Je suis vraiment tordue... *

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